Le 27 février prochain, dans le cadre du Ciné Club animé par Lionel Tardif, le film "La forêt de Mogari" (Mogari no mori) sera projeté au cinéma d'Amboise.
Shigeki vit dans une petite maison de retraite sous le regard bienveillant d'une aide -soignante, Machiko. Sans le savoir, tous les deux partagent un lourd secret : la perte d'un être cher, lui sa femme depuis trente trois ans, elle son petit garçon qui échappant à sa vigilance s'est fait écraser par une voiture. Shigeki est un pensionnaire hirsute qui ne parle pas et qui n'est pas toujours facile pour le personnel qui anime ce lieu. Ainsi lors d'une animation de calligraphie, il se jette sur la toile de Machiko et efface une partie du nom Machiko pour le réduire à celui de Mako, nom de son épouse décédée. Comme s'il suffisait de barbouiller de noir un nom pour faire renaître celui de sa femme ou à l'inverse, dans un acte de déni, supprimer celui de l'animatrice. A la suite d'un accident de voiture, Shigeki et Machiko se retrouvent seuls et désemparés au milieu d'une forêt. Très vite le vieil homme semble aspiré par cette forêt et Machiko responsable de lui n'a d'autre choix que de le suivre. C'est là, au cœur de cette nature protectrice qu'ils vont à nouveau se sentir vivants. Ce film a obtenu le Grand Prix du Festival de Cannes en 2007. Naomi Kawase, la réalisatrice dont ce n'était que le troisième film, très belle jeune femme au regard profondément mélancolique, devait déclarer à la presse :
« C'est très dur de faire un film, je crois que c'est aussi dur que de vivre. En créant, on essaie de se redonner des forces. Ce n'est pas l'argent, des voitures ou des vêtements (qui sont importants) c'est quelque chose de non visible, ça peut être le vent, la lumière, le souvenir des anciens, et quand on trouve ce point d'appui dans le monde, on peut être tout seul et continuer » Bien singulière déclaration qui se retrouve pourtant dans tout le film. « Je crois, dit-elle encore, que l'invisible est aussi important que le visible ».
Dans un décor somptueux, en faisant corps avec la forêt, les deux personnages de Naomi Kawase libèrent leurs douleurs enfouies dans le ruissellement d'un torrent, une clairière ombragée, le vent dans les arbres, un feu de bois. Il leur faut aussi l'expérience d'une longue nuit en forêt et d'un matin passé à creuser une tombe pour qu'épuisés ces deux êtres meurtris aillent jusqu'au bout des larmes et de l'anéantissement pour renaître...peut-être.
Le film débute par une procession mortuaire. L'obsession de la cinéaste autour du deuil comme nouvelle naissance, pour de nouveau exister au monde, imprègne tout le film. Tout ici est dans le ressenti, l'expérience intérieure des personnages avec une grande empathie de la réalisatrice pour eux, un amour profond fait d'une infinie douceur et de tendresse. On est happé dans un univers où vivants, morts, fantômes, et nature semblent à même d'influer sur les personnages comme s'ils appartenaient de fait à une même réalité tangible. « La forêt de Mogari » nous parle de choses essentielles si souvent occultées par la pensée unique et formatée d'aujourd'hui.
Tarif unique 6,20€
Blog de l'association "Amitiés Amboise Suwa" pour la promotion du jumelage entre les deux villes
lundi 3 février 2014
mercredi 1 janvier 2014
あけましておめでとうございます!
L'association Amitiés Amboise Suwa vous souhaite à tous une bonne et heureuse année 2014.
あけましておめでとうございます
akemashite o-medetō-gozaimasu
Nous vous souhaitons tout le bonheur pour cette nouvelle année.
あけましておめでとうございます
akemashite o-medetō-gozaimasu
Nous vous souhaitons tout le bonheur pour cette nouvelle année.
vendredi 20 décembre 2013
CIné Club d'Amboise - Voyage à Tôkyô (Ozu Yatsujirô)
Dans le cadre du "Ciné Club" animé par Lionel Tardiff (fondateur de la Cinémathèque de Tours et réalisateur de films), le film "Voyage à Tôkyô" sera projeté au Cinéma d'Amboise le 23 janvier 2014 à 19h45.

Voici la présentation du film par le "Ciné Club" :
Yasujiro Ozu, en véritable artiste zen, a réussi à capter le temps qui s'écoule et plus que cela encore. Maître Dogen disait « Ne considérez pas le temps simplement comme une chose qui passe ne pensez pas que sa seule fonction soit de passer. Pour que le temps passe, il faudrait qu'il y eut une séparation entre lui et les choses. En croyant que le temps passe, vous n'apprenez pas la vérité de l'être-temps. En un mot, chaque être dans le monde tout entier est un temps particulier dans un continuum unique. »
Dans chaque film d'Ozu l'action est toujours reliée par des plans étranges qui semblent surgir d'un autre espace-temps. Tous les lampions de la rue oscillent à peine dans le vent, plus loin dans la campagne le soleil se lève, des panneaux publicitaires envahissent l'espace, un enfant écoute la pluie tomber et tous ces plans n'ont a priori rien à voir avec l'histoire qui se déroule. Et pourtant, dans le déroulement du récit, ces images nous renvoient dans le grand tout, dans l'universel.
Chaque film d'Ozu s'inscrit dans la famille japonaise, depuis les enfants, les adultes et les grands parents.
Ozu dira vers la fin de sa vie « A travers l'évolution des parents et des enfants, j'ai voulu montrer comment le système familial japonais commençait à se désintégrer. »
« Voyage à Tokyo » narre le voyage d'un couple âgé qui partant de la campagne vient rendre visite à leurs enfants habitant la capitale Tokyo. D'abord accueillis avec les égards qui leur sont dus, les parents s'avèrent bientôt dérangeants. Seule Noriko (splendide portrait de femme) la veuve de leur fils mort à la guerre, trouve du temps à leur consacrer. Les enfants quant à eux, se cotisent pour leur offrir un séjour dans la station thermale d'Atami, loin de Tokyo.
Plan après plan, Ozu prend le temps nécessaire pour faire ressentir l'inexorable : la vieillesse, l'éloignement, l'abandon des mœurs traditionnelles, la mort. Mais la mort n'est pas une fin. A la mort de sa femme le vieil homme salue le soleil avec sa belle-fille.
Film bouleversant classé parmi les dix plus grands films de l'histoire du cinéma, « Voyage à Tokyo » nous fait pénétrer le réel de fascinante manière. Et en même temps, Ozu nous emporte dans un continuum transcendant, comme si cette histoire en train de se dérouler devant nous appartenait à la marche de l'univers.
Tarif unique 6,20 €
Voici la présentation du film par le "Ciné Club" :
Yasujiro Ozu, en véritable artiste zen, a réussi à capter le temps qui s'écoule et plus que cela encore. Maître Dogen disait « Ne considérez pas le temps simplement comme une chose qui passe ne pensez pas que sa seule fonction soit de passer. Pour que le temps passe, il faudrait qu'il y eut une séparation entre lui et les choses. En croyant que le temps passe, vous n'apprenez pas la vérité de l'être-temps. En un mot, chaque être dans le monde tout entier est un temps particulier dans un continuum unique. »
Dans chaque film d'Ozu l'action est toujours reliée par des plans étranges qui semblent surgir d'un autre espace-temps. Tous les lampions de la rue oscillent à peine dans le vent, plus loin dans la campagne le soleil se lève, des panneaux publicitaires envahissent l'espace, un enfant écoute la pluie tomber et tous ces plans n'ont a priori rien à voir avec l'histoire qui se déroule. Et pourtant, dans le déroulement du récit, ces images nous renvoient dans le grand tout, dans l'universel.
Chaque film d'Ozu s'inscrit dans la famille japonaise, depuis les enfants, les adultes et les grands parents.
Ozu dira vers la fin de sa vie « A travers l'évolution des parents et des enfants, j'ai voulu montrer comment le système familial japonais commençait à se désintégrer. »
« Voyage à Tokyo » narre le voyage d'un couple âgé qui partant de la campagne vient rendre visite à leurs enfants habitant la capitale Tokyo. D'abord accueillis avec les égards qui leur sont dus, les parents s'avèrent bientôt dérangeants. Seule Noriko (splendide portrait de femme) la veuve de leur fils mort à la guerre, trouve du temps à leur consacrer. Les enfants quant à eux, se cotisent pour leur offrir un séjour dans la station thermale d'Atami, loin de Tokyo.
Plan après plan, Ozu prend le temps nécessaire pour faire ressentir l'inexorable : la vieillesse, l'éloignement, l'abandon des mœurs traditionnelles, la mort. Mais la mort n'est pas une fin. A la mort de sa femme le vieil homme salue le soleil avec sa belle-fille.
Film bouleversant classé parmi les dix plus grands films de l'histoire du cinéma, « Voyage à Tokyo » nous fait pénétrer le réel de fascinante manière. Et en même temps, Ozu nous emporte dans un continuum transcendant, comme si cette histoire en train de se dérouler devant nous appartenait à la marche de l'univers.
Tarif unique 6,20 €
lundi 2 décembre 2013
Come and learn french in Amboise
Did you know you could come and learn french culture and language in Amboise?
Eurocentres can make this happen...
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